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Gaz de schiste: Fréchette rallume la flamme

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17.03.2026

Christine Fréchette, candidate à la succession de François Legault, a ouvert la porte à l’exploration – voire à l’exploitation – du gaz de schiste au Québec. Une prise de position à la fois courageuse, audacieuse... et en même temps prudente. 

Le gaz de schiste traîne une réputation sulfureuse ici. On se souvient du tumulte sous Jean Charest alors que les militants environnementalistes nous faisaient croire que nos robinets cracheront dorénavant du feu, puis du refus catégorique de Philippe Couillard au nom de l’acceptabilité sociale. À tel point que le gouvernement Legault, appuyé par presque toute l’Assemblée nationale, a choisi de fermer le dossier à double tour avec la loi 21 (une autre !), interdisant toute exploration et exploitation. Une décision radicale, définitive.

Mais le monde a changé. Guerre en Ukraine, tensions au Moyen-Orient, instabilité des marchés : la sécurité énergétique est redevenue un enjeu stratégique. Même au Québec, l’idée d’une certaine autonomie énergétique refait surface. Et surtout, une question simple émerge : comment peut-on interdire d’exploiter des ressources que l’on refuse même de mesurer ?

C’est là que la proposition de Fréchette devient habile.

Elle ne promet pas des forages demain matin. Elle ne nie pas les préoccupations environnementales. Elle ne rouvre pas brutalement un chantier explosif. Elle fait quelque chose de beaucoup plus fin : elle réintroduit le doute dans un consensus figé.

Audacieuse, parce qu’elle ose toucher à un tabou politique.

Habile, parce qu’elle capte un changement d’air – moins idéologique, plus stratégique.

Mais prudente, parce qu’elle parle d’abord d’exploration, de connaissance, de données.

Autrement dit, elle ne vend pas du gaz. Elle vend une idée beaucoup plus difficile à attaquer : celle de savoir avant de décider.

Et dans un Québec qui importe du gaz produit ailleurs, souvent du gaz de schiste, la question devient inévitable : refusons-nous une industrie... ou refusons-nous simplement de regarder la réalité en face ?


© Le Journal de Québec