400 000$ pour élever un enfant: un calcul indécent
Une étude publiée récemment nous apprenait qu’élever un enfant coûtait environ 400 000 $. Voilà de quoi en effrayer certains et fournir un bon prétexte à d’autres.
Cette mise en équation peut sembler rationnelle. Mais elle simplifie grossièrement l’expérience humaine. Rappelons qu’un prix indique combien une chose coûte. Pas ce qu’elle vaut.
Un enfant n’est ni un produit de consommation ni un projet dont on évalue la viabilité financière. Il est une présence, une histoire qui commence, un être qui nous transforme dès le premier cri. Le réduire à une ligne budgétaire, c’est déjà le trahir.
Quelle tristesse que cette époque où tout se calcule ! Et quelle anthropologie misérable que de réduire l’amour, la filiation, la transmission, le lien affectif, à une charge financière ! Notre société est-elle à ce point desséchée qu’elle oublie que tout ce qui a un prix ne compte pas nécessairement ? Et que tout ce qui compte réellement n’a pas de prix ?
Certes, il y a une réalité matérielle associée à la parentalité. Mais c’est vrai pour tous les choix que nous faisons. Pourtant, personne ne publie d’études alarmistes sur le coût des dépenses purement hédonistes, voire égoïstes. On réserve ce traitement à l’enfant. Comme si la seule dépense qu’il fallait justifier était précisément celle qui résiste à l’approche comptable.
On ne pourra jamais chiffrer la petite main qui se glisse dans la nôtre, les premiers pas, les rires qui animent la maison, les inquiétudes aussi... Tout ce tissu invisible est inquantifiable. Ces instants ne s’additionnent pas dans un tableur. Ils nous transforment. On pense faire grandir un enfant, alors que c’est lui qui nous fait grandir. Et on croit lui donner la vie, alors que c’est lui qui donne un sens à notre vie.
Certaines richesses commencent précisément là où le calcul s’arrête. Alors, cessons de tout compter, et concentrons-nous sur ce qui compte !
