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Insécurité financière: si ce n’était pas l’argent?

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05.04.2026

On pense souvent que notre liberté dépend de notre stabilité financière. Que si l’argent est là, tout est possible, et s’il fluctue, notre marge de manœuvre disparaît.

C’est le genre de pensée que j’ai longtemps dû combattre.

J’ai compris que ce qui nous emprisonne n’est pas l’instabilité financière, mais plutôt le lien direct qu’on établit entre cette dernière et notre liberté.

Un jour, l’argent coule et tout va bien. Le lendemain, le flux ralentit et on se sent coincé.

Rien n’a changé objectivement, mais intérieurement, tout se resserre.

Certains vous diront que la liberté est un leurre. Ils ont peut-être raison, mais prendre conscience de nos chaînes, n’est-ce pas là l’essence même de la liberté ?

Le vrai piège dépend d’une seule variable

Dans mon travail, j’observe une erreur récurrente, on fonde toute notre sécurité sur une seule chose, notre capacité à produire du capital.

On tente alors de mieux gérer, d’optimiser ou de contrôler, mais certaines réalités ne se contrôlent pas totalement.

Et c’est là précisément que le piège se referme.

Tant que votre liberté dépendra d’un facteur instable, elle sera, elle aussi, instable.

La solution n’est pas de supprimer l’instabilité, mais de cesser d’en dépendre entièrement. Cela ne veut pas dire, comme le dit si bien l’adage, que l’argent ne fait pas le bonheur.

Dans ce monde matérialiste et capitaliste, on ne peut ignorer l’argent. Cependant, nous pouvons modifier notre rapport à lui, en réussissant à créer un espace où notre capacité de décider, de bouger et de respirer ne disparaît pas dès que ce flux ralentit.

Lorsque l’instabilité nous frappe de plein fouet, comme c’est le cas depuis la fin de la pandémie, on croit souvent que la force réside dans une résistance exercée le plus longtemps possible.

Toujours est-il que ce qui résiste casse un jour. La vraie force est de reconnaître ce qui accroche et de s’en libérer, de se repositionner sans drame, sans fuite, sans colère, avec lucidité.

J’ai compris, après toutes ces années de réflexion, que ce n’est pas ce qui nous atteint qui nous limite, mais ce à quoi nous restons attachés.

La liberté commence alors lorsque nous décidons que l’instabilité ne décide plus pour nous.

En cette fin de semaine pascale, je vous souhaite la paix, celle qui illumine, malgré l’incertitude et le chaos.

N’ayez pas peur, le chaos est toujours un passage.

Continuez d’espérer, même lorsque cela vous semble irrationnel. Continuez de croire, en vous, en Dieu ou en l’humanité, même lorsque tout vacille, parce que la liberté ne naît pas d’un monde fait de certitudes, mais d’un cœur qui refuse de céder au désespoir.

C’est dans les moments les plus instables que renaît ce qui, en nous, ne peut jamais être brisé.

Faites briller votre lumière à travers toute cette noirceur.


© Le Journal de Québec