Notre souveraineté ne passe pas par Contrecœur
Alors que des millions de personnes peinent à se nourrir et à se loger convenablement et que la dégradation de l’environnement menace notre santé et notre sécurité, que font nos gouvernements avec notre argent ?
Ils investissent dans l’économie du passé. Comme si on vivait encore dans les années 1980 !
Mark Carney appuie sur l’accélérateur de la destruction environnementale et de l’endettement en annonçant un soutien public de 1,16 milliard pour l’agrandissement du port de Montréal à Contrecœur.
Comme ce fut le cas avec Northvolt, on fait fi des avis d’experts en matière d’environnement autant que d’économie.
Le projet de Contrecœur a pourtant tout d’un éléphant blanc. L’avenir nous dira d’ailleurs si le mystérieux congédiement de la PDG du Port de Montréal y est lié.
Chose certaine, des experts sonnent l’alarme. Les volumes stagnent depuis plus de 10 ans au port de Montréal. Son agrandissement à Contrecœur creusera encore le gouffre financier.
Il faut savoir que le transport maritime évolue vers des porte-conteneurs toujours plus imposants. Plusieurs ne peuvent déjà plus remonter le Saint-Laurent au-delà de Québec.
Avec la baisse du niveau du fleuve liée aux changements climatiques, cette contrainte va s’accentuer.
Et c’est pour cette lubie économique qu’on est prêt à sacrifier le chevalier cuivré, un poisson qui n’existe nulle part ailleurs au monde que dans ce petit bout du Saint-Laurent !
Sacrifier une espèce. Détruire des milieux naturels précieux. Polluer l’air. Fragiliser le fleuve. Mettre en péril l’eau potable. Tout ça pour un projet dont la pertinence est largement contestée, c’est ça notre choix de société ?
Parallèlement, un autre projet d’un autre temps avance : un complexe gazier porté par Marinvest Energy.
Il s’agit d’un gazoduc de plusieurs centaines de kilomètres qui relierait l’Ontario à la Côte-Nord avec une usine de liquéfaction et un terminal à Baie-Comeau pour exporter du gaz naturel liquéfié vers l’Europe.
Or, contrairement au Canada, l’Europe s’est engagée dans une vraie transition énergétique. Elle investit massivement dans la sobriété énergétique et les énergies renouvelables produites localement.
La France vient d’ailleurs d’annoncer l’interdiction des chaudières à gaz dans les constructions neuves à partir de 2027. Une mesure concrète parmi d’autres qui indiquent que ce marché va diminuer.
Chaque nouveau projet qui dépend du commerce international nous rend plus vulnérables aux crises géopolitiques, aux fluctuations des prix et aux décisions prises ailleurs, notamment aux États-Unis.
L’Europe a raison de miser sur sa souveraineté énergétique et plus largement sur sa souveraineté économique.
On devrait faire pareil ! On a tout ce qu’il faut pour y parvenir.
Des projets comme Contrecœur et Marinvest dépendent d’une économie mondialisée qui carbure à l’exploitation environnementale et sociale. Ce modèle est périmé !
Il est temps d’investir dans une économie qui répond aux besoins essentiels de la population : se nourrir, se loger, se soigner et s’éduquer.
La vraie richesse, ce n’est pas ce que l’on extrait ou exporte. C’est ce que l’on protège et partage.
Choisir la souveraineté économique, c’est d’abord choisir de prendre soin de notre monde et du vivant.
