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Au front pour protéger Québec

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L’ex-ministre et avocat Sébastien Proulx prend la tête d’une large coalition d’acteurs économiques, institutionnels et universitaires de Québec qui unissent leurs voix pour réclamer une réelle reconnaissance du statut de capitale nationale, jugé trop symbolique.

La Chambre de commerce et d’industrie de Québec (CCIQ), qui pilote cette mobilisation très prometteuse et sans précédent baptisée « Le Projet Capitale-Nationale », annoncera cette semaine la nomination de M. Proulx.

L’ex-ministre, qui est avocat, conseiller stratégique et médiateur accrédité chez GBV Avocats, a accepté le mandat avec beaucoup d’enthousiasme.

Il croit que Québec a tout avantage à ce que son statut de capitale nationale soit reconnu par des gestes et des engagements clairs, et non pas seulement par une loi.

En 2016, une loi est en effet venue consacrer ce statut. « Mais il faut voir plus grand encore, estime cet ex-ministre responsable de la région. On va défendre le statut de capitale nationale en en faisant la promotion. Je ne crois pas à la coercition. Cette loi, c’est une assise, pas une protection. L’objectif c’est d’utiliser ce qu’on offre et ce qu’on est, et de faire la promotion de nos outils [...] Ce n’est pas qu’une question de sièges sociaux et de rencontres. Il y a toute une diplomatie à développer autour de ça. »

Il est vrai que la reconnaissance légale n’a pas empêché le déplacement progressif des centres décisionnels hors de Québec, comme avec Santé Québec, par exemple. On pourrait ajouter la Caisse (CDPQ) et Investissement Québec, dont les équipes dirigeantes gravitent autour de Montréal.

Il en découle d’importants impacts économiques et institutionnels. C’est aussi une question d’identité collective : la capitale nationale du Québec doit continuer d’être forte.

De la parole aux actes

L’initiative, comme le fait valoir Frédérik Boisvert, président et directeur général de la CCIQ, permet de passer de la revendication à l’action structurée. « Le statut de capitale nationale doit se traduire par une présence concrète des centres de décision dans notre région, dit-il, et nous voulons envoyer un signal clair : la communauté d’affaires de Québec est mobilisée et déterminée. »

Le comité présidé par Sébastien Proulx verra d’abord à établir le plan de travail et les priorités. Il planchera ensuite sur un diagnostic stratégique des reculs constatés, pour enfin tenir une consultation régionale et mener une campagne de mobilisation publique.

On planifie également la mise sur pied d’un observatoire universitaire et indépendant qui permettrait de documenter l’évolution du poids du statut de capitale. On pourrait ainsi mesurer l’écart entre le statut légal et la réalité, publier un indice de centralité et documenter les cas de fuites de sièges sociaux et autres.

Le moment choisi pour lancer cette initiative tombe à point, avec la campagne électorale québécoise qui a lieu cette année.

« Nous allons solliciter les partis politiques pour signer un pacte de la capitale nationale, explique M. Boisvert. Nous souhaitons des engagements sur le maintien et le renforcement des centres décisionnels à Québec. »

Les chefs de parti seront d’ailleurs invités à faire part de ces engagements lors d’un Forum des leaders qui aura lieu en mai.

D’anciens premiers ministres, comme Jacques Parizeau et Jean Charest, avaient Québec tatouée sur le cœur. Les attentes sont grandes envers le prochain ou la prochaine.

Principales organisations fondatrices de la mobilisation

– Québec International

– Commission de la capitale nationale du Québec

– Destination Québec cité

– Chambre de commerce de Lévis

– Université du Québec

– Jeune Chambre de commerce de Québec

– Villes de Québec et de Lévis


© Le Journal de Québec