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NPD: la course au leadership la plus silencieuse

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16.03.2026

La course à la direction du Nouveau Parti démocratique pour remplacer Jagmeet Singh achève ces jours-ci dans un calme remarquable. Remarquable au point où l’on pourrait presque oublier qu’elle existe.

La seule fois où elle a brièvement traversé le radar médiatique, c’était lors d’un débat en français... disons, approximatif. Une expérience linguistique dont peu de téléspectateurs sont sortis plus éclairés qu’en y entrant.

Pourtant, il y a quelques années, le NPD pesait lourd dans la balance politique canadienne. Sous Jack Layton, la fameuse vague orange avait propulsé le parti à l’opposition officielle. Et plus récemment, dans les années de gouvernement minoritaire de Justin Trudeau, les néo-démocrates ont réussi à imposer plusieurs programmes sociaux – coûteux, certes – en échange de leur appui parlementaire.

Tout cela paraît aujourd’hui bien loin.

La débâcle électorale d’avril 2025 a laissé un parti marginal : sept députés élus à peine. Comme si cela ne suffisait pas, la récente défection de Lori Idlout vers les libéraux a encore réduit les rangs. Et à Ottawa, peu de gens doutent que le seul député québécois du parti, Alexandre Boulerice, finira par rejoindre Québec solidaire.

À ce rythme, il restera bientôt plus de candidats à la chefferie que de députés.

Et c’est là que réside toute l’ironie de la situation : une course au leadership est normalement conçue pour relancer un parti, attirer l’attention, provoquer un débat d’idées. Or, qui serait capable aujourd’hui de nommer les cinq candidats ?

Certains rappelleront que Singh lui-même n’était pas très connu lorsqu’il a remporté la direction en 2017. C’est vrai. Mais il prenait alors les rênes d’un parti qui comptait 44 députés et avait affronté des adversaires provenant du caucus.

Aujourd’hui, la situation est plus simple : la course au leadership du NPD ne manque ni de candidats... ni de silence. Elle manque surtout d’un parti à diriger.


© Le Journal de Montréal