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Docteur, ai-je la fièvre des séries?

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saturday

On a tous des phénomènes qui nous laissent froids.

Vous, ça peut être Angine de Poitrine ou Céline.

Moi, c’est le sport professionnel. Ou plutôt : les compétitions entre équipes professionnelles de sport.

McDo contre Burger King

Le sport amateur, ça vient me chercher.

Des jeunes qui, alors qu’ils sont encore aux études, s’entraînent pendant des heures et des heures pour exceller dans un sport, souvent avec peu de moyens et sans aucun commanditaire, je trouve ça formidable.

Et je suis content quand un des nôtres remporte une médaille dans une compétition internationale.

Mikaël Kingsbury me fait capoter. Les sœurs Dufour-Lapointe aussi.

Mais le sport professionnel, je n’ai jamais vraiment embarqué.

Pour moi, les équipes sont d’abord et avant tout de grosses entreprises.

Je ne vois pas pourquoi ça me ferait un pli sur la bedaine que telle entreprise gagne contre telle autre.

C’est comme si vous me disiez : « Richard, hier, McDo a vendu plus de hamburgers que Burger King ! Woooouhoooooou !!!! »

Ou : « Paramount a remporté plus d’Oscars que Warner ! »

Ça vous choque, je sais, mais que voulez-vous, je n’ai pas le gène du fanatisme sportif.

À l’époque de Maurice Richard, oui, j’aurais eu des frissons. Car le Canadien contre Toronto, c’était pas juste le Canadien contre Toronto.

C’était le Québec contre le reste du pays.

L’entêtement du Rocket, c’était notre entêtement à tous. Un peuple qui bout, un peuple silencieux, sur le point d’exploser.

Mais il est où, l’aspect identitaire, maintenant, dans le Canadien ?

En quoi cette équipe représente Montréal ou le Québec ?

Cette année, Machin joue ici. L’an prochain, il jouera là.

Même pas foutu de parler notre langue, alors...

Mais je ne sais pas ce qui se passe, depuis quelques jours, je commence à avoir des chaleurs.

Je ressens comme une petite émotion quand le Canadien gagne. Un poil de bras qui s’agite.

Oh, je ne hurle pas ! Je ne me promène pas avec un chandail aux couleurs de la Sainte-Flanelle, calmons-nous !

Il m’arrive encore de dire David Suzuki au lieu de Nick Suzuki, pour vous dire...

Mais j’espère que le Canadien va gagner.

Faudrait que j’aille voir mon médecin de famille.

Oh, c’est vrai, j’ai pas de médecin de famille !

Mais ça m’inquiète... Ma blonde m’a regardé de travers, l’autre jour, quand elle m’a surpris à lire mon Journal en commençant par les pages sportives...

Oui, ça va, ma belle.

J’aimerais juste qu’on gagne la Coupe...

Me semble que ça me ferait du bien. Que ça nous ferait du bien.

Je me dirais : « Il y a au moins ça qui fonctionne au Québec ! Le hockey ! Les hôpitaux s’écroulent, les rues s’affaissent, on trouve plus de champignons sur les murs de nos écoles que dans le village des Schtroumpfs, mais sur la glace, ça va bien ! On performe ! On est capables ! »

Ça serait bon pour notre ego, non ?

Nos gouvernements ne sont pas capables de brancher un ordinateur sans que ça coûte trois gonzillions de dollars, mais au moins, David Suzuki, pardon, Nick Suzuki, peut boire du champagne dans la Coupe.

On prend ce qui passe.

Quand tu es au milieu du désert, tu ne fais pas la fine bouche quand tu tombes sur une vieille bouteille de cream soda flat.

Vous imaginez un défilé de la Coupe sur Sainte-Catherine ?

D’abord, il faudrait qu’ils enlèvent tous les cônes orange.

Juste pour ça, ça vaudrait la peine.

Dans sa belle chanson Quand j’aime une fois, j’aime pour toujours, Richard Desjardins écrit : « J’avancerai vers toi avec les yeux d’un sourd. »

J’ai toujours adoré cette image.

Le gars qui a les yeux grands ouverts pour ne rien manquer du monde et compenser sa perte d’ouïe.

Eh bien, c’est comme ça que je me sens ces temps-ci.

Quand je regarde une photo du match victorieux de la veille à la une de mon Journal, j’ai les yeux d’un sourd.

Je bois. Je me désaltère.

Une victoire, bordel !

Il y a quelque chose qui a fonctionné au Québec !

On n’est pas des perdants !

Redonnez-nous foi en nous-mêmes !

On le sait, les pays riches font de moins en moins d’enfants. En Corée du Sud, les femmes qui gagnaient leur vie en gardant des enfants gardent maintenant des animaux. Et au Japon, les garderies sont remplacées par l’équivalent de nos CHSLD.

À Verdun, quand j’étais jeune, il y avait des écoles partout. Au secondaire, je changeais d’école chaque année. Il y avait une école pour la première secondaire, une pour la deuxième secondaire, etc.

Aujourd’hui, Verdun est le paradis des RPA.

Nos sociétés vieillissent à vue d’œil. Non seulement il y a de plus en plus de gens qui prennent leur retraite, mais il y a aussi de moins en moins de travailleurs pour payer le fonds de pension de ces retraités ! Et nos hôpitaux croulent sous la pression...

Nos gouvernements ne peuvent plus attendre. Ils doivent s’attaquer à ce problème.

À quand une commission spéciale sur les problèmes causés par la dénatalité ?

En Angleterre, la police a découvert un réseau d’avocats qui, moyennant une grosse somme d’argent, permettaient à des immigrants originaires du Pakistan et du Bangladesh de se faire passer pour des homosexuels afin d’obtenir un statut de réfugiés.

Ils leur inventaient un passé, un amoureux, imprimaient de fausses photos, forgeaient des documents « prouvant » que ces individus risqueraient leur vie s’ils étaient renvoyés dans leur pays, etc.

Quand l’asile politique devient une business...

La SAQ fait entrer moins d’argent dans les coffres de l’État, car les Québécois boivent moins ! À force de se faire dire que la modération a bien meilleur goût, on a fini par le croire...

L’heure est grave, les amis !

Vous voulez un bon système de santé et de bonnes écoles ? Ça prend de l’argent !

Buvez ! Buvez pour nos enfants et nos vieillards ! Soyez solidaires et torchez-vous !


© Le Journal de Montréal