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Tous les ministres devraient-ils gagner 248 000$?

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14.03.2026

Au gouvernement du Québec, le ministre du Tourisme, ou du Sport, par exemple, gagne exactement le même salaire que le ministre de la Santé, malgré la différence de charge et de responsabilités. C’est ainsi depuis toujours, mais c’est plutôt illogique.

Au hockey, pourrait-on imaginer que le septième défenseur touche autant de dollars que le meilleur buteur de l’équipe, celui sur lequel repose le poids de marquer dans les moments décisifs ?

À moins que ce soit l’équipe nationale d’un pays socialiste !

Dans l’alignement du Canadien, ce ne sont pas tous les joueurs qui gagnent 8 millions $ comme Cole Caufield.

Bien sûr, à l’instar de n’importe quelle équipe, au gouvernement, tous les ministres ont un rôle à jouer.

Ils sont au service de leur clientèle respective, remplissent un rôle de conseil auprès du gouvernement et participent aux décisions avec le PM.

L’idée n’est pas de pointer un individu, ou de dire que des ministres ayant des portefeuilles de moindre envergure ne travaillent pas.

Mais on s’étonne que, par exemple, la personne dirigeant le Tourisme, qui compte 217 effectifs et un budget de 469 millions $, bénéficie de la même rémunération que celle aux commandes de la Santé, supervisant 65 milliards $ de dépenses et environ 2000 fonctionnaires.

Et les superministres

Dans le passé, tant sous les gouvernements libéraux, péquistes ou caquistes, des élus ont aussi cumulé les responsabilités de deux ministères importants à la fois.

Le plus récent exemple étant Pierre Fitzgibbon avec ses charges à l’Économie et l’Énergie, qui ont ensuite été assumées par Christine Fréchette.

Pourtant, un simple ministre délégué, sans responsabilité de portefeuilles, profite du même salaire qu’un tel « superministre ».

Une personne ayant cumulé deux fonctions de ministre simultanément dans le passé, contactée pour cette chronique, reconnaît que le même traitement pour tous est objectivement injuste.

Cette personne dit avoir constaté, alors qu’elle était en fonction, une différence de charge de travail et d’agenda avec quelques collègues, sans se plaindre.

« Mais le salaire est associé au titre de ministre, et la responsabilité ministérielle est la même », signale cette source, selon qui il serait difficile de hiérarchiser les fonctions.

Une autre personne ayant été responsable de deux ministères importants dit ne pas avoir ressenti d’iniquité même si des membres du cabinet avec de moindres tâches gagnaient le même salaire qu’elle. « Ça ne m’a jamais traversé l’esprit. »

Une courte recherche du côté de l’Assemblée nationale démontre qu’il en est ainsi depuis les débuts de la confédération.

Par ailleurs, le comité mis sur pied pour faire des recommandations au gouvernement Legault sur la rémunération des élus, en 2023, ne s’est pas penché sur une possible différence de traitement selon les responsabilités des ministres.

À la suite de son rapport, le gouvernement a augmenté les salaires de tous les élus de plus de 30 %. La rémunération des députés est aujourd’hui de 142 000 $, et celle des ministres de 248 000 $.

Humble suggestion pour une prochaine législation : il pourrait y avoir une « classe salariale 1 » de ministres, regroupant par exemple ceux des Finances, de l’Économie, de la Santé ou de l’Éducation.

Une « classe 2 » pour les autres ministres en titre, puis une « classe 3 » pour les ministres délégués.

Le plus important, c’est que le service de l’État soit suffisamment attrayant pour attirer des personnes d’envergure aux postes névralgiques.

Au gouvernement fédéral, les ministres reçoivent aussi tous un salaire identique, qui s’élève à 309 000 $. Il y a aussi présentement dix secrétaires d’État qui gagnent un salaire un peu moins élevé, fixé à 285 000 $. Les secrétaires d’État ne siègent toutefois pas au Conseil des ministres.


© Le Journal de Montréal