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PSPP: la force tranquille d’une conviction

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22.04.2026

Un sondage indique que le PQ formerait facilement un gouvernement majoritaire s’il renonçait à son engagement de tenir un référendum sur la souveraineté.

Que fait le chef du PQ ?

Au lieu d’épouser les vents dominants, il suit sa conscience et ses convictions, quitte à devoir vivre avec les conséquences.

On déplore à bon droit le cynisme et l’opportunisme de la classe politique.

Quand on a sous les yeux une spectaculaire démonstration de l’attitude contraire, pourrait-on au moins le reconnaître ?

Si vous êtes contre la souveraineté, vous avez le choix de voter pour le PLQ, la CAQ ou le PC.

Le premier est couché devant Ottawa, la deuxième jappe sans mordre, et le troisième veut copier la deuxième.

Si vous êtes pour la souveraineté, mais que vous doutez d’une victoire référendaire, faites confiance au général, joignez les troupes et arrêtez de picosser.

Pour le moment, la confiance est méritée.

Aussi simple que cela.

Je peux comprendre les fédéralistes d’entretenir la psychose référendaire.

Que des souverainistes fassent pareil est plus étonnant, pour dire les choses poliment.

En Écosse, où le même débat reprend, on ne discute pas du calendrier, mais du fond des choses : la souveraineté est-elle nécessaire ou non ?

Je confesse ma jalousie.

Les souverainistes devraient au minimum tirer des leçons du passé.

Souvenons-nous des « conditions gagnantes » de Lucien Bouchard, de l’« assurance morale » de Bernard Landry, du « si possible, mais pas nécessairement » de Pauline Marois, etc.

Les souverainistes ont tenté toutes les pirouettes rhétoriques et tactiques.

Pour quel résultat au bout du compte ?

Jacques Parizeau avait choisi la clarté et c’est lui qui parvint le plus près de la ligne des buts.

Quelle crédibilité aurait PSPP s’il commençait à finasser si près de l’élection ?

Dans ce débat, on oublie aussi l’éléphant dans le vestibule.

Imaginons que le PQ se contente d’être un parti provincial comme les autres et prend le pouvoir.

Il prendrait quel pouvoir au juste ? Le pouvoir de faire quoi exactement ?

Le « pouvoir » sera un cadeau empoisonné pour un prochain gouvernement québécois strictement provincial.

La CAQ a vidé les coffres provinciaux pendant que nos impôts filaient à Ottawa.

Le système de santé n’est pas sérieusement réformable tant que le carcan de la loi canadienne et des transferts financiers fédéraux est en place.

Les nids-de-poule vont se creuser plus vite que le rythme des réparations.

Je pourrais continuer longtemps.

Dans le régime canadien actuel, auquel nous contribuons à hauteur de quelque 80 milliards par année, le Québec « provincial » devient de plus en plus ingouvernable.

Il faut sortir du régime, rebrasser complètement les cartes, faire ce qui n’a jamais été fait.

L’alternative, c’est de consentir au déclin tranquille en s’inventant des excuses déguisées en réalisme.

L’attitude de PSPP étonne parce que nous ne sommes plus habitués à voir quelqu’un agir en fonction de ses convictions.

Cela en dit autant sur notre époque que sur lui.


© Le Journal de Montréal