Cet été, pensons notre avenir énergétique
Le 29 juin dernier, au sommet de l’Agence Internationale de l’Énergie à Montréal, le ministre fédéral des Finances, François-Philippe Champagne, affirmait que la croissance des énergies fossiles au Canada était faite de façon très responsable. Le lendemain, le premier ministre Mark Carney réitérait ces propos dans une annonce à la nation diffusée en ligne : « On ne peut pas se permettre de freiner le développement d’une partie de notre bouquet énergétique — le gaz et le pétrole — pour atteindre un objectif à court terme. » Du même souffle, il soulignait les effets des changements climatiques, notamment sur le coût de la vie. Et puis, la nouvelle est tombée : un nouveau pipeline sera financé à même les fonds publics, permettant d’augmenter les exportations de pétrole des sables bitumineux albertains.
Reconnaître les défis du présent
Ces annonces interpellent les membres du Collectif de scientifiques pour l’action environnementale du Québec, au moment même où des canicules et des pluies diluviennes se succèdent au Québec, dans l’est des États-Unis et en Europe, où les niveaux d’eau disponible en ce début d’été inquiètent déjà plusieurs municipalités, et où les feux de forêt nordique atteignent un sommet historique. Ce sont des effets tangibles du dérèglement climatique, amplifié au Canada par l’amplification arctique, qui engendre un réchauffement plus important plus on approche des pôles, ayant atteint 2,4 °C déjà au Canada.
En s’appuyant sur leur travail et sur celui de milliers de scientifiques, notamment ceux du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), les scientifiques de notre Collectif........
