Vers une meilleure représentativité à l’Assemblée nationale du Québec
Au Québec, la révision de la carte électorale soulève des débats fondamentaux sur la représentativité démocratique. Deux notions clés structurent la réflexion : l’égalité du vote des électrices et des électeurs et le respect des communautés naturelles.
Pour bien comprendre les enjeux, il importe de clarifier ces concepts avant d’aborder les choix techniques et leurs conséquences.
L’égalité du vote des électrices et des électeurs. « Le critère de l’égalité du vote des électeurs consiste à regrouper un nombre d’électeurs à peu près égal au sein de chaque circonscription du Québec. Ainsi, le poids du vote d’un électeur est sensiblement le même, peu importe sa circonscription électorale. La loi précise que le nombre d’électeurs dans une circonscription ne peut être ni inférieur ni supérieur à 25 % de la moyenne provinciale. » Ce qui est énorme ! Plus ou moins 12 875 électeurs. C’est-à-dire un écart possible de 25 750 électeurs entre deux circonscriptions ! (Il y a des exceptions, notamment en ce qui concerne les Îles-de-la-Madeleine.)
La notion de communauté naturelle. Celle-ci désigne un ensemble de citoyens partageant des liens de cohésion sociale, historique ou géographique. Il peut s’agir d’une région soudée par une histoire commune, des pratiques économiques similaires (le secteur agricole ou les activités forestières, par exemple) ou une identité territoriale forte. Lors du découpage électoral, préserver l’intégrité de ces communautés vise à éviter leur fragmentation et à garantir que leur voix collective soit entendue à l’Assemblée nationale.
Ce que dit la Commission de la représentation électorale sur l’établissement de la carte électorale du Québec : « La division du territoire revêt une importance primordiale pour le fonctionnement du système électoral, puisqu’elle assure la représentation des électeurs, qui sont regroupés dans des circonscriptions. Nous établissons la carte électorale en tenant compte de l’égalité du vote des électrices et des électeurs et du respect des communautés naturelles. »
Les écarts dans le nombre d’électeurs par circonscription sont et demeurent considérables !
Les deux principes à connaître, l’égalité du vote des électrices et des électeurs et le respect des communautés naturelles, sont irréconciliables !
En voulant tenter de les réconcilier, cela crée des distorsions dans les deux principes. Je suggère d’utiliser une nouvelle approche. La pondération du poids de la représentation d’une circonscription selon son nombre d’électeurs inscrits à une date donnée par rapport à la moyenne provinciale.
Par exemple, prenons le cas d’Abitibi-Est. Le nombre d’électeurs inscrits est de 33 457........
