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Les feuilles mortes

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wednesday

Chaque automne, quand la lumière du jour décline avant le retour des ados, je pense à cette chanson. Chaque fois que je taille les vivaces pour préparer leur hibernation et que j’enfile une vieille chemise à carreaux pour ranger les meubles du jardin, je pense à cette chanson. Chaque fois que je remise le long tuyau d’arrosage et habille de jute les pieds de vigne pour les protéger des morsures du froid, je pense encore à cette chanson.

« Les feuilles mortes se ramassent à la pelle / Tu vois, je n’ai pas oublié / Les feuilles mortes se ramassent à la pelle / Les souvenirs et les regrets aussi ». Ces paroles de Prévert et cette mélodie de Kosma forment la trame sonore de tous mes automnes. C’est presque une comptine pour endormir la nature avant l’arrivée des grands froids.

Cette année, en avisant les dernières feuilles brunissantes fragilement accrochées à mon jeune chêne, j’ai eu envie d’écrire cette chronique en faisant de chacune d’elles un vilain regret dont j’espère la chute avant l’hiver.

Les premières « feuilles » que je voudrais métaphoriquement voir tomber sont liées aux révélations troublantes à propos du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Prélever des dreadlocks comme des scalps pour glorifier la pensée raciste et barbare. Faire disparaître des preuves de violence conjugale pour protéger un ami. Uriner sur une personne en situation d’itinérance pour l’humilier. Qu’autant de gestes aient été commis par ceux-là mêmes censés nous protéger est désespérant,........

© Le Devoir