Chronique | Servir le pays, sans titre
Pourquoi Mila Mulroney n’a-t-elle pas encore reçu l’Ordre du Canada ? J’ose espérer que cela viendra bientôt. Et pourquoi Aline Chrétien est-elle décédée sans avoir obtenu cette distinction ?
Derrière ces deux cas d’espèce se cache, à mon avis, un angle mort de notre culture politique. Le Canada reconnaît l’apport des personnes qui exercent officiellement le pouvoir, mais il demeure étonnamment discret lorsqu’il s’agit de celles qui ont contribué à son exercice sans jamais détenir de fonction officielle.
Cela faisait longtemps que je voulais écrire cette chronique. Verba volant, scripta manent — les paroles s’envolent, les écrits restent. On peut en dire autant des distinctions, qui, au même titre que les épitaphes ou les plaques commémoratives, s’inscrivent dans la durée. Ce n’est pas le cas des paroles et des souvenirs qui, comme la mémoire collective, s’effacent avec le temps.
En 2025, Maureen McTeer a été investie de l’Ordre du Canada en reconnaissance de sa carrière d’avocate, d’autrice et de son engagement public. Elle est aussi devenue la première conjointe d’un premier ministre à recevoir cette distinction.
Vous avez bien lu, les conjointes de premiers ministres (car ce sont majoritairement des femmes), contrairement à leurs illustres moitiés, n’ont pas été honorées par la plus haute distinction que le Canada confère à ses citoyens. C’est que la distinction n’est pas offerte aux couples, mais à titre individuel.
Le Canada n’est ni les États-Unis ni la France. Nous n’avons pas de........
