Nos universités menacées
Nos universités sont menacées avant tout non pas par leur sous-financement, mais plutôt par des tendances internes fortes.
La formule de financement basée sur le nombre d’étudiants en équivalence au temps plein (EETP) a lancé les universités dans une course aux inscriptions.
En conséquence les étudiants sont maintenant considérés comme des clients à satisfaire. Pour satisfaire ses nouveaux clients, l’université a adopté des techniques industrielles bien connues en milieu manufacturier sous l’expression parts bin manufacturing. Il s’agit de produire des produits différents avec des pièces semblables. Le même groupe propulseur se retrouve dans une voiture compacte, une camionnette, un VUS ou une voiture de luxe. Idem pour les phares, les tissus, les tableaux de bord, etc. Ces produits, semblables et différents à la fois, sont rebaptisés, rebranded, pour attirer des clients aux goûts différents.
Pour l’université, il s’agit de produire des programmes différents s’adressant à des clientèles cibles différentes. Ces programmes différents sont construits à partir des mêmes contenus de cours rebaptisés et retitrés, donnés par les mêmes professeurs. Ils s’adressent à des clientèles attirées par des programmes apparemment sur mesure.
La commercialisation ne s’arrête pas là. Dans le monde commercial, les produits doivent être abordables pour être vendus et achetés. Dans le monde universitaire, l’abordabilité se traduit par la sacro-sainte accessibilité. L’accessibilité a donné les débats connus sur les droits de scolarité. Plus pernicieusement, l’accessibilité se traduit par une baisse des exigenceset une dévalorisation de l’évaluation. Les étudiants étant maintenant des clients, ils ont droit à leur note........
