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Quand les mots tuent avant les bombes

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15.04.2026

Il y a des violences que l’on voit et d’autres que l’on entend. Les premières détruisent les corps. Les secondes préparent les esprits.

Avant chaque guerre, avant chaque massacre, il y a presque toujours un moment où les mots changent. Les êtres humains deviennent des « menaces », des « terroristes », parfois même des « animaux ». Ce glissement n’est jamais anodin. Il marque le début d’un processus bien connu : celui de la déshumanisation.

Aujourd’hui encore, ce mécanisme est à l’œuvre. Des populations entières — palestiniennes, libanaises, iraniennes — sont trop souvent réduites à des étiquettes. On ne voit plus des enfants, des parents, des vies singulières. On voit des masses indistinctes, associées à des groupes armés ou à des régimes politiques. Ce raccourci est dangereux : il efface la frontière essentielle entre civils et combattants et transforme des victimes potentielles en cibles acceptables.

Le langage devient alors un outil de neutralisation morale. On ne parle plus de morts, mais de « dommages collatéraux ». On ne voit plus des maisons détruites, mais des « frappes ciblées ». À mesure que les mots........

© Le Devoir