menu_open Columnists
We use cookies to provide some features and experiences in QOSHE

More information  .  Close

Le printemps

4 0
previous day

Le printemps se fait désirer cette année, une impression que l’hiver nous lance un message. Comme si les monstres avaient transgressé la réalité de leur temps et de leur espace.

Dans cet espace-temps où nous nous trouvons, peut-être vaudrait-il mieux prendre un pas de recul, se poser sur la ligne entre les mondes, s’assurer de bien vouloir naître à nouveau. De reprendre le sens de nos vies. Et, à notre tour, le projeter dans le futur pour l’espoir qu’il en reste quelque chose de plus qu’un slogan, que du marketing bien rodé.

Peut-être nous faut-il souffrir pour apprécier le bien, peut-être sommes-nous trop confortables pour percevoir les balbutiements de véritables bidonvilles. À même nos cités du Nord. Là où la chaleur de nos cœurs aurait autrefois réchauffé nos valeurs au point que nous nous indignions assez pour nous regrouper!

Je suis né dans une sociale-démocratie, loin de l’horreur des monstres, à l’heure où l’espoir dirigeait notre collectif vers des destins créatifs et ambitieux. Qui a commencé à dérober l’autre ? Qui s’inspire du pillage ? Qui a voulu s’orienter dans le néant de sa propre valeur boursière ? Comment être fier de lui ?

Suis-je honnête envers moi-même, ou ai-je fait juste assez pour me regarder sans pleurer quand je suis seul devant le souffle du vent, qui me renvoie cette impression que tout est foutu? […]

Où est passée notre humanité, que certains décrivent comme une faiblesse ? Où est passé notre collectif, que les autres veulent diviser ? Tout ça juste pour posséder.

Alors, avant le printemps, je choisis l’honnêteté, pour me reconstruire une volonté de foncer et dénoncer les coquins déguisés en valeurs humaines. Devant l’histoire, je me trouve penaud de voir des répétitions qui semblent devenir une réalité froide et sanglante.


© Le Devoir