Libre opinion | Voter avec sa calculatrice
On nous répète souvent que voter est le geste le plus simple et le plus noble de la démocratie. On entre dans l’isoloir, on choisit l’option qui correspond le mieux à ses convictions, puis on dépose son bulletin. En théorie, c’est limpide. En pratique, avec le scrutin uninominal à un tour, ce geste peut devenir tordu : au lieu de permettre à un électeur de dire franchement ce qu’il préfère, notre mode de scrutin peut le pousser à deviner qui peut battre qui.
Le principe du système actuel est pourtant facile à comprendre. Aux prochaines élections, le Québec comptera 127 circonscriptions. Dans chacune, le candidat arrivé premier gagne, sans avoir besoin d’obtenir 50 % des voix. Avec 36 %, 34 % ou même 30 %, il peut être élu si les autres sont derrière lui. Ce n’est pas une hypothèse d’école : en 2018, les candidats élus dans les circonscriptions d’Ungava, de Bourget et de Maurice-Richard ont obtenu respectivement 26,51 %, 27,57 % et 29,52 % des bulletins valides. On additionnera donc 127 courses locales et on les transformera en sièges. Or, c’est le nombre de sièges, et non la proportion du vote populaire, qui déterminera quel parti sera en position de........
