Ce que j’ai vécu comme candidate me confirme que notre démocratie n’est qu’une illusion
Notre système politique est brisé. Je me suis présentée comme candidate lors des élections fédérales de 2025. J’ai cogné aux portes. J’ai écouté les gens. J’ai débattu. J’ai proposé des idées nouvelles, ancrées dans les faits. J’ai travaillé sans relâche pendant des mois. Bien sûr, comme candidate, j’aurais pu faire plus, et certainement mieux à plusieurs égards. Mais ce que j’ai vu et vécu comme candidate dépasse largement ma propre performance. Mon expérience, ainsi que mes années de recherche en communication politique, m’a offert un point de vue privilégié pour réfléchir à notre système.
Année après année, notre système électoral renforce des structures et les institutions qui maintiennent le statu quo, au détriment de la pluralité et du débat. Je le dis sans détour : notre démocratie canadienne est brisée. Pas au sens figuré — structurellement, systématiquement et, malheureusement, très profondément. J’ai payé le prix de débats locaux illusoires, d’un manque de couverture médiatique, d’un financement insuffisant et du harcèlement.
Nos institutions politiques sont conçues pour favoriser le statu quo. Dans ma circonscription, des candidats qui n’y avaient jamais mis les pieds et qui n’avaient aucun enracinement local ont récolté plus de votes que les candidats ancrés dans leur milieu, dans leurs communautés, des experts de leurs districts en tout point. Celles et ceux qui construisent des liens de proximité, qui connaissent les enjeux, qui veulent représenter leur monde sont écartés. Pourquoi avons-nous même des élections locales, pour choisir nos députés locaux, si tout repose sur le chef fédéral star du moment ?
Nos élections commencent à ressembler à un concours de popularité plus qu’à un processus démocratique juste et équitable. Il est possible que la course à la popularité ait toujours fait partie de nos élections, mais ce que j’ai constaté était bien plus que ça, et bien plus troublant, ce concours effaçant toute autre candidature.
Et que dire de l’attitude des médias face à la couverture négligeable et quelque peu généraliste de la campagne ? Par exemple, dans la région de l’Outaouais, pas une question, pas un recadrage, ni même un débat local sur l’avenir des services publics et les emplois qui y sont rattachés. Et maintenant,........
