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Il est où, le bonheur?

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26.04.2026

Il est là, parfois juste là, tout à côté ou tout autour de soi, nimbant de sa lumière spéciale nos jours en les étirant, transformant même nos printemps de grisailles en d’invincibles étés. On ne sait pas toujours comment il est arrivé, ne l’ayant pas trouvé sur le bord d’un fossé comme dans la chanson, n’ayant rien changé vraiment de manière radicale, n’ayant suivi aucune cure miracle, n’étant tombé amoureuse de rien d’autre que de sa propre vie, celle qui a l’air d’être presque naturellement faite pour soi, finalement.

Alors, on se met peut-être à aimer le paysage de notre ville, à y marcher en la trouvant courbée juste comme il le faut, avec juste assez de côtes, juste assez de splendeur de béton, de verdures et de pollutions lumineuses combinées au soir venu. On marche sur le pont qui surplombe la Magog, et nous sommes attirés soudain par la lumière qui découpe les boisés qui la bordent, et c’est un peu comme si la beauté disponible du monde nous happait, nous rendant engagés vers elle, porteurs du soin qu’il faudra continuer de lui donner, liés à elle, comme à un amour.

On comprend alors qu’on porte possiblement en soi quelque chose de beau et on en devient, du même coup, un peu « responsable », dans le sens joli du terme, comme on deviendrait conscient qu’on porte en nous-mêmes une chose précieuse et fragile faite de la beauté du monde en conversation avec la nôtre.

Qu’il s’agisse de l’amour de soi, de la nature, de l’autre, le bonheur implique presque toujours, il me semble, ce besoin de nous sentir liés au monde, à ce vivant qui n’est que là, juste là, tout à côté ou tout autour de soi. Il relève de cette manière dont on regarde les choses, avec une forme de curiosité nouvelle, ce petit pas de côté qui fait apparaître des mondes nouveaux, insoupçonnés,........

© Le Devoir