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L’usage du mot «frérisme» sert-il à éclairer ou à brouiller le débat?

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13.05.2026

Le terme « frérisme » s’est récemment imposé dans le débat public québécois comme une grille de lecture de la présence de l’islam et des dynamiques liées à l’islam politique. Mais que recouvre réellement cette notion, largement critiquée dans le champ universitaire pour son imprécision et son caractère parfois essentialisant ? Éclaire-t-elle les enjeux qu’elle prétend nommer, ou contribue-t-elle plutôt à en brouiller la compréhension ?

Nier l’existence historique des Frères musulmans — mouvement fondé en Égypte au début du XXe siècle — relèverait d’une simplification excessive. Toutefois, la question principale ne réside pas tant dans l’existence de cette mouvance que dans l’usage contemporain du terme « frérisme ». Selon les discours, il peut désigner une idéologie islamiste structurée, un réseau d’influence, une forme de conservatisme religieux, ou encore — de manière plus diffuse — toute expression visible de l’islam perçue comme étant problématique.

Un tel glissement sémantique n’est pas sans conséquence. Lorsqu’un concept en vient à englober indistinctement des réalités aussi diverses que des associations communautaires, des militants antiracistes ou de simples croyants, il cesse d’éclairer le réel pour devenir un vecteur de suspicion. Le........

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