Les pièges de l’opposition et de la confusion en temps de guerre
À partir de quand l’opposition à un régime devient-elle un soutien à une agression ? Et depuis quand l’opposition à une agression devient-elle un soutien à un régime ?
Lorsque la nouvelle de l’assassinat d’Ali Khamenei par des frappes américaines et israéliennes a circulé fin février 2026, une partie de l’opposition iranienne s’est réjouie. La scène n’a rien d’étonnant. Après des décennies de résistance contre le régime, certains attendaient ce moment comme une délivrance. À première vue, cela se comprend. À seconde vue, cela oblige à réfléchir. Derrière le soulagement immédiat se cachent au moins deux questions essentielles.
La première : la disparition d’un chef de régime signifie-t-elle l’affaiblissement ou la fin du régime ?
Le régime iranien repose sur des structures profondes, notamment les Gardiens de la révolution, capables d’absorber les chocs et de se recomposer. Autrement dit, couper la tête ne fait pas forcément tomber le corps. Parfois, cela le renforce et lui donne une seconde vie.
La seconde : qui a tué Khamenei ?
Certainement pas une insurrection populaire. Certainement pas une coalition d’opposants iraniens. Ce sont des bombes étrangères. Des bombes américaines et israéliennes. Des bombes qui ne portent ni la voix du peuple iranien ni son projet politique. Elles portent des intérêts stratégiques, militaires, géopolitiques. Elles n’expriment pas une volonté populaire, elles exécutent une logique de puissance.
Peut-on sérieusement parler de victoire nationale........
