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Idées | L’Académie française, une institution qu’on aime critiquer

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25.07.2026

L’été ramène dans son sillage la bien-aimée rubrique Point de langue, avec pour guide la professeure Mireille Elchacar. La lexicologue québécoise vous invite à penser le français autrement dans une formule à mi-chemin entre l’essai et la vulgarisation scientifique.

Si le rôle historique de l’Académie française est connu, de même que ses prises de position les plus tranchantes, ses fonctions actuelles sont moins bien comprises. On a tendance à lui attribuer plus de pouvoir qu’elle n’en a réellement aujourd’hui.

Créée en 1635 sous la férule du cardinal de Richelieu, l’Académie française a pour fonction de « travailler avec tout le soin et toute la diligence possible à donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences ».

Cet énoncé de mission cristallise l’esprit de la période qui a vu naître l’Académie : on souhaite dompter l’effervescence du siècle précédent. Durant la Renaissance, on encourage les auteurs et poètes à rédiger en français plutôt qu’en latin ; pour ce faire, on juge qu’il faut enrichir la langue française. Ronsard encourage les auteurs à puiser dans les dialectes de France, qu’ils soient « Gascons, Poitevins, Normans, Manceaux, Lionnois ou d’autres païs » (1565). C’est l’époque de Rabelais et de ses néologismes extravagants. Côté phonétique, plusieurs prononciations cohabitent pour un même mot, selon la région ou la classe sociale. Enfin, l’orthographe n’est pas encore fixée et il n’est pas rare de voir un mot écrit de plusieurs manières chez un même auteur — parfois dans une même œuvre. Dans ses Essais (1580), Montaigne écrit asteure d’au moins quatre........

© Le Devoir