Prioriser l’existant comme levier de prospérité
Quand des représentants des milieux de l’économie, de l’aménagement du territoire, de la santé, de l’architecture, de la construction, de l’agriculture, de l’environnement, du patrimoine, ainsi que des milieux municipal et syndical sonnent ensemble l’alarme, c’est que l’enjeu est majeur.
Les crises de l’habitation, des infrastructures et du climat, comme la pression croissante sur notre système de santé et la désaffection de notre patrimoine bâti, ont au moins une cause commune : notre modèle de développement territorial et économique. Le prochain gouvernement du Québec, qui sera élu en octobre, devra saisir l’occasion qui se présentera pour agir avec plus d’ambition en aménagement du territoire.
Soulignons que le déficit de maintien des infrastructures du gouvernement du Québec — routes, écoles, hôpitaux — est passé de 21 milliards à 45 milliards de dollars depuis 2018. De même, la part des infrastructures de transport en mauvais état au Québec est nettement supérieure à celle du reste du Canada.
Du côté municipal, le portrait est tout aussi alarmant, car le déficit de maintien d’actifs des infrastructures sous la responsabilité des villes dépasse les 45 milliards. Des dizaines de milliers de projets de logements restent bloqués faute d’infrastructures pour les soutenir, en particulier celles destinées à la gestion des eaux.
La 4e édition des Indicateurs du bien-être au Québec confirme par ailleurs la nécessité d’agir. Trois dimensions cruciales directement liées à la façon dont nous aménageons nos villes et nos régions se détériorent : le logement, l’accès à une alimentation de qualité et la santé mentale.
La Politique nationale de l’architecture et de l’aménagement du territoire (PNAAT), adoptée en 2022, prescrit la bonne approche : consolider les milieux déjà dotés d’infrastructures, développer........
