Une ambiguïté inquiétante
Certains débats peuvent être un peu déroutants vus de l’extérieur. En Italie, le gouvernement de Giorgia Meloni vient de subir un échec majeur lors d’un référendum sur la séparation des fonctions de juge et de procureur. En Grande-Bretagne, on discute de façon quasi permanente de l’opportunité de codifier la Constitution sans jamais arriver à une conclusion.
Au Canada, les rares visiteurs que cela pourrait intéresser auraient bien du mal à saisir tous les tenants et aboutissants de l’utilisation de la disposition de dérogation. Le simple fait qu’une charte des droits prévoie une disposition qui permet de ne pas les respecter lui semblerait déjà étrange.
Ici même, la majorité de la population, au Québec comme dans le reste du pays, n’a sans doute pas une opinion très arrêtée sur son utilisation de façon préventive pour mettre une loi à l’abri de poursuites judiciaires, sans attendre que les tribunaux aient émis une opinion.
Après plus de 40 ans de débat, on serait cependant en droit de s’attendre à ce qu’un homme aspirant à diriger le Québec, en l’occurrence Charles Milliard, ait une réelle compréhension des enjeux et une position claire sur la question. En l’espace de quatre jours, il a plutôt démontré qu’il n’avait ni l’une ni l’autre.
Jeudi........
