Le «smatte» de Terre-Neuve
Quand Tony Wakeham, nouvellement élu premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, avait signifié son intention de renégocier l’entente que son prédécesseur Andrew Furey avait signée avec le Québec, François Legault avait fait mine de prendre la chose à la légère.
Dans une entrevue accordée au Devoir en novembre 2025, celui qui était alors premier ministre du Québec avait expliqué avec une certaine condescendance qu’il voulait bien laisser M. Wakeham « faire le smatte » et prétendre avoir arraché un « nouveau deal », meilleur que le précédent, à la condition « qu’il ne pense pas qu’on va mettre plus d’argent sur la table ».
Dans l’esprit de M. Legault, la position de son homologue terre-neuvien était essentiellement de nature électoraliste : puisque l’entente avait été conclue par un gouvernement libéral, elle était nécessairement mauvaise. Il suffirait donc vraisemblablement, selon lui, de la présenter dans un nouvel emballage pour qu’elle devienne acceptable.
C’était peut-être ce que prévoyait M. Wakeham, qui, en son for intérieur, ne trouvait pas l’entente si mauvaise. Le rapport du comité indépendant qu’il a chargé d’en faire l’examen est cependant trop critique — et la crainte de se faire rouler encore une fois par le Québec est trop grande — pour que les Terre-Neuviens ne se contentent que d’une transformation purement........
