La réalité est non négociable
L’actualité internationale nous apprenait récemment le décès d’Edgar Morin, l’un des pionniers des théories de la complexité. Celui dont les propos nous invitaient à ne pas réduire le réel, mais à tenter de le comprendre dans ses nuances, ses innombrables liens, et ce, en doutant plutôt qu’en se limitant à nos points de vue rigides. Faute de sagesse, peut-être, ce monde semble avoir choisi le chemin inverse.
Au Québec, la récente nomination d’un nouveau scientifique en chef nous rappelle l’immense bagage de savoirs, de ressources et de capacités d’action que nous possédons désormais. Pourtant, la dérive sociale à laquelle nous assistons — et ses conséquences sur le monde — n’est plus seulement inquiétante, elle est dangereuse à bien des niveaux.
Pourquoi une telle dissonance ?
Simplifier le complexe pour répondre à une question est un piège dans lequel nous tombons souvent. Car si une chose caractérise notre époque, c’est bien ce que Morin nommait « l’érosion méthodique », ce rapport minutieux au réel qui s’estompe, nous éloignant de l’éthique intellectuelle. Nos esprits confus ne distinguent plus l’opinion de la vérité.
On a beaucoup parlé, ces dernières années, d’esprit critique. Les injonctions à penser par soi-même ou à se forger sa propre opinion cherchent tantôt à lutter contre la désinformation, tantôt à former des citoyens responsables.........
