Les énigmes de Mark Carney
La confiance populaire, si fracassante soit-elle, n’offre pas une carte blanche aux volte-face pour autant. Ni au désaveu par un premier ministre de sa propre parole, laquelle finira un jour ou l’autre par se mesurer à ses actes, à force de s’y heurter.
Ainsi, l’oléoduc surprise de Mark Carney sera de surcroît en fin de compte financé principalement par son propre gouvernement, de même que celui de l’Alberta. Et non pas, comme martelé jusqu’ici, par le secteur privé.
Le feu vert d’Ottawa au projet qui transportera un million de barils de pétrole supplémentaires par jour, du nord-est d’Edmonton à Vancouver, sur la côte ouest, devait pourtant être conditionnel à la construction de celui de capture et de stockage de carbone (Pathways), mais aussi à ce que le gouvernement albertain de Danielle Smith y attache un promoteur privé. « Tout est connecté », assurait encore Mark Carney à la mi-mai.
Moins de deux mois plus tard, cette garantie s’est évaporée, l’oléoduc devant être au contraire financé en partenariat plus public que privé — par Calgary, par la société d’État fédérale Trans Mountain Corporation et par l’entreprise Pembina Pipeline, qui ne s’engage cependant qu’à assumer 10 % des coûts, avec un potentiel de 20 % une fois la construction terminée, en vertu d’une entente par........
