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La rancœur a ses raisons

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21.05.2026

Que le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador rejette la nouvelle entente hydroélectrique entre le Québec et sa province sur Churchill Falls était prévisible. Qu’il semble du même souffle adoucir quelque peu le ton l’était moins. Force est de constater que Tony Wakeham s’est toutefois peut-être enfin rendu à l’évidence que ce partenariat lui reste avantageux et, surtout, que de le déchirer pour de bon ouvrirait au contraire une vilaine boîte de Pandore. Ce qui n’empêchera pas néanmoins le premier ministre ténelien de s’évertuer à soutirer tout ce qu’il peut au gouvernement du Québec, et, de surcroît, à celui d’Ottawa.

L’avenir de l’exploitation de l’énergie tirée du fleuve Churchill, au Labrador, est éminemment politique, la rancœur des Terre-Neuviens à l’endroit de la première entente honnie — que leurs ancêtres ont pourtant signée en 1969 — l’emportant sur la raison d’un nouvel accord de principe aux bénéfices multiples conclu en outre 17 ans plus tôt que la date d’expiration prévue au présent contrat décrié.

Le premier ministre Wakeham exige aujourd’hui, maintenant qu’il s’agit de « leur énergie » et de « leur rivière », de conserver davantage d’électricité produite au complexe de Churchill Falls, une « plus grande valeur » pour sa province, y compris pour la future centrale de Gull Island,........

© Le Devoir