menu_open Columnists
We use cookies to provide some features and experiences in QOSHE

More information  .  Close

J’en suis

14 0
tuesday

La semaine dernière, quelques jours après le retour au travail en présentiel. Sur le chemin du retour, je m’arrête dans mon café de quartier préféré avec le projet de boire un verre de vin en continuant à lire un roman qui m’éblouit par ses nombreuses qualités, dont ce côté aiguisé dans sa représentation du monde. De la description d’un brin d’herbe ou d’une carte géographique jusqu’aux motifs fleuris d’un vieux drap des années 1980, en passant par l’intériorité des personnages dans toutes ses nuances et sa complexité, Alexie Morin est pile dessus, et c’est comme si on y était.

Et il y a cette petite tension qu’elle installe d’abord en filigrane, puis de manière de plus en plus envahissante. Je suis aux deux tiers de La maison du rang Lynch et je vous le recommande déjà. Lire cette écrivaine procure la même satisfaction qu’écouter quelqu’un chanter juste. Ça semble aller de soi, mais, derrière l’agilité, il y a cette combinaison de talent, de travail et de savoir-faire.

Bref, j’avais prévu de m’offrir le luxe simple et satisfaisant de poursuivre ma lecture quand une femme et un jeune homme d’environ vingt ans ont pris place sur la banquette à côté de moi. Leur complicité était palpable, et j’ai vite compris que c’était sa tante, probablement sa marraine. Ils en sont rapidement venus aux confidences, et le garçon s’est mis à tisser un récit sensible de la plus belle des manières. Il pouvait s’ouvrir, car il se savait écouté.

À un certain moment, détectant dans l’histoire du garçon une manière d’étirer le temps juste avant de révéler le punch, j’ai perdu de vue le rang Lynch et sa forêt hantée. Mon attention a basculé vers l’histoire de mon voisin de table, un roman Young Adult et........

© Le Devoir