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Chronique | L’ère postanalphabète

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14.07.2026

Comme une maladie sournoise qui s’installe à petits pas, on ne l’a pas vu œuvrer — ou peut-être avons-nous mal évalué l’ampleur du danger qu’il représentait… mais qu’aurions-nous pu faire pour freiner son ascension ? Le mal est invisible, insidieux, et très nuisible. Il a des racines, des crocs et des tentacules. Il est agile, rapide et affaiblit tous les acteurs de la chaîne du livre : auteurs, illustrateurs, éditeurs, distributeurs, libraires. Il est question ici de la baisse de la littératie, cette aptitude à lire, à comprendre et à utiliser l’information écrite dans la vie quotidienne. C’est une menace qui nous dépasse et dont les symptômes se multiplient.

On a appris au printemps dernier, en parcourant le bilan Gaspard préparé par la Société de gestion BTLF, qu’après plusieurs années de progression, les ventes de livres au Québec ont connu un recul en 2025, un revirement dont la cause n’est pas si simple à expliquer. En parallèle à ça, on sait aussi, grâce aux informations transmises par la Fondation pour l’alphabétisation, qu’au Québec, 52 % des adultes de 16 à 65 ans n’atteignent pas le niveau de littératie leur permettant de comprendre un texte long, comme un article de journal ou un contrat.

Inutile d’ajouter que, dans ce contexte, le fait que la ministre de l’Éducation fasse la sourde oreille devant les multiples cris d’alarme lancés par le milieu du livre, les enseignants et les 17 000 signataires d’une pétition lui demandant de protéger l’enveloppe consacrée à l’achat de livres dans les écoles n’a rien de rassurant. L’argent autrefois réservé à cet effet pourra être utilisé à........

© Le Devoir