Idées | Une immigration sans données de qualité, sans plan ni équilibre mène à l’impasse collective
Le retour du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) est un pas dans la bonne direction, mais il demeure partiel : avec des critères restrictifs d’admissibilité, de nombreuses personnes en restent exclues, et il devient urgent de clarifier la vision du Québec sur l’immigration.
Cette décision s’inscrit dans un contexte marqué par des changements fréquents et parfois abrupts qui ont semé incertitude, détresse et amertume chez de nombreuses personnes immigrantes, leurs familles et les milieux d’accueil. Cette instabilité a mis à mal la réputation du Québec et souligne l’urgence de mieux structurer nos décisions.
Depuis trop longtemps, le débat sur l’immigration au Québec se réduit à une confrontation de chiffres. Des seuils sont avancés à la hausse ou à la baisse sans qu’on explicite toujours les hypothèses et les réalités qui les sous-tendent ni leurs répercussions concrètes sur le terrain.
Or, proposer un seuil ne peut être un exercice abstrait. Cela doit reposer sur des données solides, une compréhension réelle des capacités d’accueil et d’intégration ainsi qu’une définition rigoureuse des besoins du marché du travail. Aujourd’hui, cette rigueur fait défaut : le Québec débat de volumes sans disposer d’une évaluation claire, partagée et territorialisée de sa capacité d’accueil, de ses capacités d’intégration et du vivre-ensemble ni d’une analyse prospective tenant compte de la robotisation, de l’intelligence artificielle et des transformations qui redéfinissent déjà les besoins de main-d’œuvre.
Il est également essentiel de mieux poser le débat. Une grande partie des personnes qui obtiennent la résidence permanente sont déjà présentes au Québec avec un statut temporaire. Elles vivent ici, travaillent, paient des impôts, occupent un logement et utilisent déjà les services publics.........
