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Subventionner l’essence?

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10.04.2026

Devant la hausse subite et rapide du prix du pétrole et de nombreux biens de consommation, plusieurs politiciens se sont prononcés en faveur d’une aide aux consommateurs, dont les modalités restent à définir.

S’il s’agit d’offrir une aide générale à la consommation, celle-ci sera financée par les impôts de tous, à l’instar de la fiscalité actuelle, qui participe déjà à une certaine redistribution de la richesse. La mesure serait sans doute consolatrice à court terme, mais neutre au final, sachant qu’il faudra ensuite résorber son effet sur le déficit public.

S’il s’agit de réduire les taxes de l’essence à la pompe, sachant que nos gouvernements opèrent déjà en mode déficitaire, ces taxes devront être prélevées autrement, ou ailleurs, même auprès de ceux qui choisissent, comme moi, de rouler peu ou pas. Ceux qui prennent bus et métro, se déplacent à pied ou à vélo (même le Costco se visite avec une remorque) se retrouveront ainsi à financer ceux qui persistent à ne rien changer, même quand ils le pourraient.

En forçant la baisse du prix de l’essence, on encouragerait sa consommation, ou à tout le moins, on découragerait sa réduction de consommation par le recours à des solutions de rechange à l’auto-solo (transport collectif ou actif, ou covoiturage). On l’entend bien dans les vox pop réalisés dans les postes d’essence, les automobilistes voient la hausse du prix de l’essence comme une fatalité incontournable. On se contente de payer plus cher, sans changer ses habitudes, la demande pour l’essence semblant absolument inélastique.

Pourtant, bien avant la hausse actuelle du prix du pétrole, la question des GES et de l’épuisement de la ressource justifiaient déjà d’en réduire notre consommation. Mais nous vivons dans le déni, tant des conséquences délétères des GES sur le climat que du caractère non renouvelable de ce pétrole que nous brûlons à un rythme effréné. Sommes-nous désormais condamnés à espérer que ce pétrole s’épuise avant que la Terre soit devenue inhabitable ?


© Le Devoir