menu_open Columnists
We use cookies to provide some features and experiences in QOSHE

More information  .  Close

Éditorial | Banaliser l’exception

27 0
29.05.2026

Ce n’est pas qu’une impression sur laquelle on échange entre familles au parc ou dans la ruelle, tandis que petits et grands s’ébrouent. L’exceptionnel se banalise et le temporaire se pérennise bel et bien dans nos écoles. Et c’est tout le monde qui en pâtit, des élèves au corps enseignant, en passant par les directions et les parents.

Une enquête du Devoir montre que le nombre de tolérances d’engagement délivrées par le ministère de l’Éducation a presque triplé en cinq ans. En théorie « exceptionnelle et temporaire », cette mesure qui permet à une personne sans la qualification requise d’obtenir un contrat d’enseignement a été accordée à 8925 reprises en 2024-2025, comparativement à 3332 en 2020-2021. Bon à savoir, ces chiffres excluent ceux qui, en plus d’être non qualifiés, enseignent sans cette tolérance, notamment à titre de suppléants occasionnels.

À Montréal, à Laval, en Montérégie et en Outaouais, la part des enseignants qui sont en situation de tolérance d’engagement pèse spécialement lourd, mobilisant entre 7 % et 10 % du personnel. Les données que nous avons obtenues montrent que ces enseignants sont également surreprésentés là où la part d’expérience et de savoir qui leur fait défaut est paradoxalement ce qui est le plus important, soit en adaptation scolaire.

C’est le monde à l’envers dans un monde déjà........

© Le Devoir