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Chronique | Le septième joueur

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Je n’ai jamais bien compris l’expression « sixième joueur » pour parler de la contribution des partisans massés dans les gradins et de la relation symbiotique qui, dans certains arénas, les unit aux joueurs de l’équipe locale.

C’est faire peu de cas, il me semble, de la présence du gardien de but, ce gars capable à lui tout seul, comme on le sait très bien à Montréal, de voler un match quand rien d’autre ne fonctionne. Si la foule est le sixième joueur, il est quoi, lui ? La septième roue du carrosse ?

De toute manière, lorsqu’une rondelle routinièrement dompée en territoire adverse effectue un bond bizarre en frappant la bande, suivi d’un vol erratique digne d’une balle papillon lancée par le regretté Tim Wakefield pour aller se faufiler entre le poteau gauche et la jambière du gardien, vous avez beau vous appeler « Doby Dobidou » Dobeš ou être la foule la plus hot de la Ligue nationale, vous n’y pouviez rien : un but merdique déguisé en coup fourré du destin fait que Canadien, au lieu d’être en train de récupérer des festivités bien arrosées consécutives à l’élimination, jeudi soir, dans le bout des chutes Niagara, des Sabres en cinq matchs (ma prédiction), doit de nouveau sauter sur la glace d’un Centre Bell en folie samedi.

Nous assistons en ce moment à quelque chose d’assez rare : une foule partisane qui n’est pas loin de réussir à voler la vedette à son équipe favorite. Et qui le fait sans avoir besoin de lancer des objets — ou le contenu de ses verres de bière — aux joueurs de l’autre équipe, comme les fiers habitués chaudasses du Yankee Stadium.

Dans le grand livre du sport professionnel, d’autres assistances live ont laissé........

© Le Devoir