menu_open Columnists
We use cookies to provide some features and experiences in QOSHE

More information  .  Close

Chronique|La sale guerre canadienne Louis Cornellier

13 0
previous day

Certains pensent que l’histoire ne peut réserver de grosses surprises parce qu’elle parle de gens et de choses qui ne sont plus et qui ont été souvent revisités. Il suffit, pourtant, de lire Le Projet N (Septentrion, 2026, 194 pages), la captivante et terrifiante enquête historique que signent les journalistes Yves Bernard et Vincent Frigon, pour se rendre compte que le passé, notre passé national, recèle encore d’énormes zones d’ombre. Quand la lumière de l’histoire les éclaire, on y découvre parfois des horreurs.

Le Canada aime bien jouer les purs, mais il a ses squelettes dans le placard. Le Projet N en est un. Bernard et Frigon ont raison de le présenter comme « l’opération militaire la plus audacieuse et la plus secrète jamais entreprise par le Canada en matière de guerre biologique » et d’insister sur les « nombreuses questions éthiques » qu’il continue de soulever.

De 1942 à 1944, à Grosse-Île, au beau milieu du fleuve Saint-Laurent, à 10 kilomètres de Montmagny et à quelques dizaines de kilomètres de Québec, le gouvernement du Canada a autorisé la mise sur pied d’un « laboratoire ultrasecret de guerre biologique dans le but de développer des bombes à l’anthrax ». Toute cette opération, dangereuse à l’extrême, s’est déroulée, soulignent les........

© Le Devoir