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Nos pires années

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02.02.2026

Le meurtre injuste et brutal de Renée Nicole Good — femme blanche aisée — par un agent fédéral de l’ICE, à Minneapolis au début de janvier, a été commis à 1200 mètres du meurtre injuste et brutal de George Floyd — homme noir et pauvre — par un policier local, cinq ans auparavant. Je me demande si l’horrible parallèle qui les réunit, en matière de géographie et de violence municipale, n’est qu’une coïncidence ou si la proximité physique des tueries ne trahit pas un basculement fondamental indiquant que la fibre collective s’est carrément déchirée, entre le 25 mai 2020 (durant le premier mandat Trump) et le 8 janvier 2026 (durant le deuxième mandat Trump), entre le 3757, Chicago Avenue (où Floyd a été tué) et le 3331, Portland Avenue (où Good a été tuée), dans ce quartier résidentiel du sud de Minneapolis.

Je parle là de la rupture d’un fil civilisateur — du niveau historique du début de la guerre de Sécession à Fort Sumter, le 12 avril 1861, des attentats du 11 septembre 2001 à New York et Washington et de l’assaut du Capitole, le 6 janvier 2021, par des émeutiers pro-Trump.

Je ne prétends pas percevoir un schéma évident dans la convergence psycho-historique reliant ces deux événements parallèles. Mais, depuis l’investiture de Donald Trump, en 2017, je n’arrête pas de faire des comparaisons avec le passé pour me demander si nous ne vivons pas la pire époque de nos vies. La rancune envahissante et la démoralisation sociale qui caractérisent notre ère maudite — incarnées par le grotesque règne de notre roi fou —........

© Le Devoir