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Bad Bunny contre-révolutionnaire?

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02.03.2026

Je cherche rarement des aperçus politiques à la télévision grand public et je ne m’attends pas à en trouver pendant la messe nationale appelée Super Bowl. Je ne dis pas qu’il n’y a aucune sagesse à tirer de cette pure incarnation de la culture américaine. Un sociologue ou un théologien pourra se demander si ce combat d’athlètes penche plus vers un monde panthéiste — semblable à celui de la Rome antique et à son appréciation du spectacle — ou vers les valeurs chrétiennes et protestantes de nos pères fondateurs puritains cherchant à construire une Amérique qui nous servirait de phare exemplaire et juste, telle la fameuse « cité sur une colline » de John Winthrop. Le sport aux États-Unis est normalement apolitique — il est quasi interdit d’y effectuer des gestes de protestation, comme l’ont fait le sprinter Tommie Smith aux Jeux olympiques de 1968 et le joueur professionnel de football Colin Kaepernick en 2016. Les buts du Super Bowl sont, dans l’ordre : le match, les publicités vendues à 8 millions de dollars américains la demi-minute et la performance musicale de la mi-temps.

Et voilà que cette année, anniversaire LX dans notre calendrier de football panthéiste, j’ai exceptionnellement décidé d’y prendre part avec mes concitoyens. Il fallait absolument, en tant que journaliste, que je regarde le rappeur Bad Bunny durant la mi-temps. Pourquoi le prendre au sérieux ? Parce qu’il pouvait se prononcer sur la crise trumpienne qui contrôle de nos jours la république. J’avoue sans honte que j’espérais........

© Le Devoir