La permanence de l’idée impériale américaine
Dans quelques jours, le président Donald Trump marquera le 250e anniversaire de la Déclaration d’indépendance des États-Unis, le 4 juillet 1776. À cette époque, le document établissant ce qui allait devenir le plus puissant pays de l’Histoire était de nature révolutionnaire. Jamais aucun acte constitutionnel n’avait proclamé avec autant de force les droits des citoyens : « tous les hommes sont créés égaux », peut-on lire dans les premières lignes. « Ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. »
Recherche du bonheur : ces trois mots ont attiré des dizaines de millions d’Européens et d’autres immigrants et transformé les États-Unis en nouvelle terre promise.
À partir de là, le récit historique, la littérature, le cinéma ont érigé l’expérience américaine en véritable mythe, masquant du même coup sa naissance dans l’injustice et le sang. La Déclaration d’indépendance a complètement oublié les esclaves, qui ont créé chaque jour la richesse du nouveau pays. Elle a désigné les Autochtones comme complices de l’occupant britannique. Bientôt, il faudra faire la guerre aux loyalistes qui résistent à l’indépendance. « Nous avons longtemps aseptisé la révolution, de peur que, si nous révélions à quel point elle a été sanglante, cela........
