Paris en Gaspésie
Au milieu d’une foule d’hommes en armes qui gueulent et qui crient, voici que le sang coule, rouge, sur la chemise blanche et la peau noire d’un Sénégalais, un fantassin improvisé, un parmi d’autres qui, nombreux, affrontent les nazis à l’heure de la libération de Paris. C’était en août 1944. L’écrivain Claude Roy raconte la scène, en soulignant que cette libération est le fruit d’une coalition de toutes origines. À plusieurs endroits dans ses carnets, l’écrivain raconte pareils moments prenants de cette insurrection à laquelle il a participé.
Ces scènes de libération, Roy en parle souvent dans ses livres. À la fin août 1944, note-t-il encore, les citoyens armés entraient partout, en particulier dans les lieux où, jusque-là, une administration d’occupation tenait la population en respect sous son poids. Au sol se trouvent toutes sortes de débris. Du verre, du bois calciné, des pierres, des douilles, mais aussi des cartouches intactes. On marche dans une boue de papiers. C’est le décor d’un grand théâtre, celui de cette folie universelle qu’on nomme la guerre. Les représentations de cette tragédie n’ont jamais cessé.
Je ne sais trop pourquoi, à l’orée d’une nouvelle saison de cette chronique vagabonde, je me suis replongé dans certains passages de Claude Roy. Peut-être parce que je venais de terminer le récit que fait de ces mêmes événements Marcel Ouimet, correspondant pour Radio-Canada à l’heure de la libération de Paris. Ses écrits ont été publiés en France ces dernières années, sans qu’il en soit vraiment question ici. Pourtant,........
