Nos enfants handicapés ne seront jamais rentables. Et alors ?
Je suis parent d’un adulte handicapé de 22 ans. Comme tous les parents, moi qui avais pourtant gagné le jackpot à la loterie de la vie, je n’ai jamais demandé l’impossible. Je demandais et je demande encore une vie décente pour lui. Du soutien pour qu’il gagne en autonomie. Des relations. Un endroit où il pourrait exister ; apprendre, socialiser, s’amuser, rire. Pendant les premières années de sa vie, malgré toutes ses imperfections, le système tenait… mais avec des broches. Il y avait des éducateurs spécialisés dans nos vies, parfois des professionnels chevronnés ; ergothérapeutes, psychoéducateurs, travailleurs sociaux. Ce n’était pas parfait, mais c’était là. Et on s’en contentait.
Aujourd’hui, tout s’effrite.
Cette semaine encore, de nouvelles lignes directrices du ministère de la Santé et des Services sociaux ont été publiées. Elles imposent aux personnes ayant une déficience intellectuelle et / ou un trouble du spectre de l’autisme qui reçoivent des services socioprofessionnels des durées maximales : 24 mois pour les plateaux de travail et les ateliers, 12 mois pour les stages.
On nous dit que ces mesures visent les personnes « prêtes à l’emploi », pour leur donner accès à un vrai travail rémunéré. Sur le principe, c’est louable. Mais la réalité est tout autre : on estime que seulement 3 à........
