Une fracture démocratique
Il y avait quelque chose de surréaliste à entendre le vice-président des États-Unis, J.D. Vance, sermonner les Européens sur la démocratie, lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, qui a eu lieu en février dernier. Ses propos consacrent une fracture idéologique entre les États-Unis et l’Europe. Fracture aux conséquences multiples.
Rappelons tout d’abord les propos de J.D. Vance : « Ce qui me préoccupe est la menace de l’intérieur, le recul de l’Europe par rapport à certaines de ses valeurs les plus fondamentales, valeurs partagées avec les États-Unis d’Amérique. »
De tels propos tenus alors même que le président Trump procède à une attaque sans précédent contre les fondements de la démocratie américaine : une présidence qui se déclare et se comporte comme étant au-dessus des lois, confortée en cela par une Cour suprême servile ; utilisation abusive et inconstitutionnelle de son pouvoir ; instrumentalisation de la justice pour protéger ses alliés et harceler ses adversaires ; attaques contre la presse et la liberté d’expression ; marginalisation du pouvoir législatif ; déconstruction de l’État.
Ce qui se dessine ainsi est un monde occidental divisé en deux camps, qui affirment des conceptions bien différentes de la démocratie.
L’une, qu’on qualifie de démocratie libérale, met l’accent sur des institutions solides, la séparation et l’équilibre des........
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