Le salaire du président et les mythes
Selon les données du Centre canadien de politiques alternatives parues le 2 janvier, la rémunération moyenne des 100 p.-d.g. les mieux payés au Canada correspondait à 248 fois le salaire moyen des travailleurs. Pour les entreprises du Québec, une extrapolation à partir de ces données faite par l’Observatoire québécois des inégalités évoque un écart de 236 fois. Décidément, des mythes doivent être déboulonnés.
La 13e prise de position de l’Institut sur la gouvernance (IGOPP) sur le sujet, publiée l’an dernier, met le tout sous plus d’une perspective. Il est rappelé d’entrée de jeu que de nombreuses mesures ont été mises en place par les régulateurs et législateurs, au Canada et ailleurs, au fil des ans. Sans succès. « L’imposition de la tenue d’un vote consultatif sur la rémunération, la multiplication des exigences de divulgation en matière de rémunération, et autres ajustements aux politiques fiscales n’auront somme toute que peu contribué à réduire la taille de la rétribution des hauts dirigeants de sociétés inscrites en Bourse. »
Ainsi, l’impact comportemental n’est pas à sous-estimer. De façon générale, au fil des ans, l’expérience enseigne que l’écart de rémunération a sans cesse crû au rythme de la montée des dénonciations et des tentatives d’endiguement. Autrement dit, toutes les tentatives visant à mettre un terme à ces excès ont généré une rémunération toujours plus ingénieuse et plus stratosphérique. Primes au rendement transformées en primes de rétention ou remplacées par des parachutes dorés, délaissement des options d’achat pour les remplacer par des unités ou droits à la plus-value des actions, compensations contractuelles en cas de revers des marchés boursiers, allocations de départ plus généreuses ou bonification du régime de retraite… L’ingéniosité est sans limite !
Cette rémunération stratosphérique inciterait à la performance ? Pas vraiment.
La composition de la rémunération a subi les plus importants changements apparents. Le salaire de base comptait pour plus du tiers de la rémunération totale en 1998, pour ne s’établir........
