Chronique | Trump, la frustration et l’impuissance
La vulgarité et les insultes sont souvent un signe de frustration, de colère et d’impuissance. Le crescendo dans le ton des déclarations de Trump ne trompe pas. Les paraphrases édulcorées et traductions d’agences de son dernier ultimatum ne rendent pas correctement l’intensité des « fuckin’ » et autres « bastards » crachés dans l’original en anglais sur Truth Social.
Donald Trump a menacé dimanche d’attaquer les infrastructures civiles iraniennes s’il n’obtient pas tout de suite — d’ici ce mardi — ce qu’il exige, à commencer par l’ouverture instantanée du détroit d’Ormuz. Demande parfaitement irréaliste, même si par extraordinaire le régime iranien faisait montre de souplesse, ce qui n’est pas le cas.
Trump parle de cibler des services essentiels, comme des centrales électriques : menace contre les civils, et pas seulement contre des cibles militaires. « S’il n’y a pas d’accord d’ici mardi, je fais tout sauter là-bas. […] Ce sera l’enfer comme vous ne l’avez jamais vu. » L’enfer pour les Iraniens, à qui il veut faire payer la résistance, stratégiquement planifiée de longue date, de la dictature des Gardiens de la révolution à sa guerre improvisée, incohérente et sans perspective.
Trump est aux abois, sa présidence, en crise. Il a déclenché cette guerre sans stratégie et ne sait plus comment s’en sortir.
On assiste, dans le golfe Persique, à l’apothéose de la « guerre asymétrique ». Un cas d’école qu’on étudiera pendant des décennies. Le détroit d’Ormuz est bloqué à 90 % ou 95 %, « figé » à faible coût........
