Chronique | Les petits battent les gros
Au-delà de ses péripéties et des pirouettes de la Maison-Blanche, au-delà de la frustration d’un Donald Trump qui peine à trouver une porte de sortie, la guerre des États-Unis déclenchée il y a trois mois contre l’Iran n’est que le nouvel exemple d’une longue série.
Une série au cours de laquelle de grandes puissances s’élancent, soûlées d’hubris et de certitudes, vers une « victoire facile », avant de s’enliser et de finalement chercher une issue qui soit la moins humiliante possible.
Les grandes puissances peuvent perdre des guerres. C’est l’une des tendances majeures de la géopolitique et de la théorie militaire de la fin du XXe et du XXIe siècles. Des guerres asymétriques contre des adversaires théoriquement bien plus faibles… mais où la supériorité militaire classique ne garantit plus le gain politique.
La taille et la technologie supérieures, l’aviation écrasante et la « maîtrise du ciel » n’entraînent pas la reddition de l’ennemi ni le contrôle d’un territoire hostile. Drones, missiles et bombardements peuvent détruire des cibles stratégiques, mais ne suffisent pas à stabiliser un pays ni à imposer une nouvelle réalité au sol.
C’était vrai par le passé. Ce furent les interventions au Vietnam (1964), en Afghanistan (2001), puis en Irak (2003) pour les États-Unis. L’Afghanistan pour la défunte URSS, guerre des années 1980 qui a littéralement précipité sa chute comme État.
C’est encore plus vrai aujourd’hui. La guerre impériale ratée de Moscou en Ukraine est une........
