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Changement d’époque

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05.01.2026

Les réactions dans le monde face à l’intervention américaine au Venezuela sont diversifiées. D’autres qualificatifs viennent à l’esprit : « inconsistantes », « émiettées », « amorphes ». Mais aussi : « idéologiques » et « tactiques ».

Cela va du soutien résolu de pays aux gouvernements très marqués à droite, comme l’Argentine de Javier Milei ou l’État d’Israël de Nétanyahou (« les États-Unis, phare de la liberté »), à l’hypocrite opposition officielle de la Chine et de la Russie.

En Amérique latine, des pays démocratiques gouvernés à gauche — Brésil, Colombie, Mexique — y vont de fermes critiques basées sur des principes éprouvés, ou qu’on croyait tels : droit international, souveraineté nationale, multilatéralisme.

L’Europe, elle, réagit en ordre dispersé, de façon très caractéristique.

L’intervention américaine au Venezuela — on le voit dans l’extraordinaire palette des discours entendus depuis samedi — risque de fractionner davantage un ordre international déjà mis à mal par l’Ukraine, Gaza et le retour de Trump.

Les réactions sont intéressées, à géométrie variable. Au moment où Washington viole ouvertement la souveraineté du Venezuela, l’indignation à Moscou et à Pékin paraît pleine d’arrière-pensées, lorsqu’on sait que la Russie attaque le principe même de la souveraineté de l’Ukraine.

***

Déjà amoindris, le droit international et des organisations comme l’ONU vont sortir encore plus abîmés de cet épisode. La protestation d’un Antonio Guterres, le secrétaire général, qui demande « le respect total, par tous, du droit international, y compris de la Charte de l’ONU », sonne tragiquement creux.

Sous les coups de boutoir d’États-Unis affranchis de toute règle internationale, redevenus officiellement, ouvertement et sans vergogne, impérialistes au........

© Le Devoir