Le régime islamique iranien menace aussi le Québec
La guerre qui a éclaté dans la nuit du 28 février entre le régime des mollahs iraniens ainsi que les États-Unis et Israël ne concerne pas seulement le Moyen-Orient. Elle nous concerne aussi ici, au Québec.
Depuis des siècles, Juifs et Perses partagent un lien historique profond. Mais depuis des années — et plus encore depuis les attaques contre Israël perpétrées le 7 octobre 2023 par le Hamas, son allié —, le régime iranien tente aussi d’exporter son idéologie et sa haine bien au-delà du Moyen-Orient. Sa volonté d’intimider, d’influencer et de faire taire ses opposants s’invite désormais jusque chez nous.
Le régime islamique iranien demeure l’une des menaces les plus graves pour la stabilité mondiale. Depuis près de 50 ans, ce gouvernement illégitime réprime son propre peuple, emprisonne ses opposants et étouffe les espoirs de sa jeunesse. Et pourtant, quand on observe certains discours, on a parfois l’impression que le véritable danger ne serait pas là. N’est-ce pas un spécialiste des relations internationales comme François Audet qui a récemment déclaré sur ses réseaux sociaux que les États-Unis et Israël représenteraient « la plus grande menace pour l’humanité » ?
Cette citation reste un exemple choquant parmi d’autres des commentaires en lien avec le conflit actuel qui ont été récemment entendus par la communauté juive du Québec. À celle-ci s’ajoutent les slogans haineux qui nous ont été rapportés à la suite de la manifestation antisioniste qui s’est tenue le 8 mars au centre-ville de Montréal.
Au-delà d’être des propos déconnectés de la réalité (pour l’un) et odieux (pour les autres), ils sont profondément irresponsables au regard de ce que nous observons au Québec et au Canada depuis plusieurs années. Car, depuis des mois, Montréal est le théâtre de manifestations où l’on peut apercevoir des gens montrer sans complexe leur appui au Hamas — une organisation terroriste reconnue comme telle par le Canada et l’un des principaux relais régionaux du régime iranien, aux côtés du Hezbollah libanais.
Le Canada lui-même reconnaît d’ailleurs la nature de la menace du régime des mollahs : le Corps des Gardiens de la révolution islamique (qui est par ailleurs responsable de la destruction en 2020 de l’appareil qui effectuait le vol PS752 de Ukraine International Airlines, drame qui a coûté la vie à 176 personnes, dont 55 Canadiens) est désigné comme une organisation terroriste par le pays depuis juin 2024.
D’ailleurs, selon certaines estimations, des centaines d’affiliés du régime pourraient aujourd’hui se trouver au Canada. Et c’est sans compter les opérations d’intimidation contre des Canadiens d’origine iranienne, ainsi que les complots visant des personnalités publiques, dont l’ancien ministre fédéral de la Justice Irwin Cotler. On se rappellera aussi qu’en 2024, selon la firme de cybersécurité XPOZ, le campement propalestinien présent sur le campus de l’Université McGill aurait bénéficié, sur les réseaux sociaux, de soutiens liés à l’Iran destinés à semer la division au Canada.
À la lumière de tous ces éléments, il ne peut donc pas y avoir de complaisance ni de « lunettes roses » face à une théocratie islamiste qui tient son propre peuple en otage et qui finance des violences bien au-delà de ses frontières. L’Iran, par son idéologie et ses relais, ne menace pas seulement le Moyen-Orient, mais aussi nos sociétés.
Il faut être lucide : les valeurs québécoises — la liberté, l’égalité hommes-femmes, la démocratie, la laïcité — sont précisément celles que ce régime combat depuis plus de 40 ans.
Finalement, la plus grande menace pour l’humanité (pour reprendre l’expression utilisée récemment par un certain professeur) n’est ni Israël, ni les États-Unis, ni les sociétés qui refusent de plier devant l’intimidation des mollahs. La véritable menace, c’est l’idéologie violente que le régime iranien propage et finance à travers ses réseaux. Il s’agit d’une pieuvre politique et militaire qui s’étend bien au-delà des frontières de l’Iran — et dont le monde a tout intérêt à être enfin libéré.
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