La Colombie et «notre hémisphère»
Toute personne qui cherche à se défendre contre les prétentions de Donald Trump pour « notre hémisphère » devrait porter une attention sérieuse aux résultats de la dernière présidentielle colombienne. Au deuxième tour du 26 juin dernier, le candidat d’extrême droite Abelardo de la Espriella a remporté l’élection avec 49,66 % des voix, devant le candidat de la gauche Iván Cepeda… qui a obtenu 48,70 % des voix. Lorsque les marges sont aussi minces, toute ingérence électorale étrangère pourrait avoir fait basculer le destin d’un pays.
La question se pose sérieusement, d’abord parce que Trump a explicitement endossé la candidature d’Espriella. L’homme d’affaires, qui a aussi la citoyenneté américaine et a vécu plus d’une décennie à Miami, a fait campagne avec une plateforme politique directement alignée sur les intérêts commerciaux, politiques et économiques des États-Unis.
Il faut savoir que Cepeda est le successeur de Gustavo Petro, le premier président de gauche de l’histoire de la Colombie, avec lequel le gouvernement Trump est à couteaux tirés. Petro a notamment dénoncé le blocus naval imposé par les États-Unis au Venezuela et a accusé Washington d’attaquer ses propres installations militaires. Trump a aussi imposé des sanctions personnelles contre Petro et sa famille, l’accusant d’être un allié des producteurs de cocaïne. Petro, de son côté, y voit une punition de Washington pour son initiative de « paix totale », qui cherche à désarmer les cartels par les négociations plutôt que par la seule contre-offensive militaire.
En bref, les relations entre les deux........
