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Chronique | Tiers pays sûr, vraiment?

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25.07.2026

« Laissez des échantillons d’ADN à votre professionnel de la santé et votre dossier médical dentaire à votre famille, au cas où il serait nécessaire à votre famille d’y accéder pour identifier votre dépouille. » Cela fait partie des recommandations désormais émises par le gouvernement des États-Unis à ses ressortissants qui séjourneraient en Haïti — malgré l’avis officiel de ne s’y rendre sous aucun prétexte.

La sévérité de l’avertissement a été pointée par les avocats qui défendent devant les tribunaux les 350 000 Haïtiens vivant aux États-Unis que Donald Trump souhaite expulser depuis novembre. C’est que, vu la gravité de la situation sécuritaire au pays, particulièrement à Port-au-Prince, les ressortissants haïtiens résidant aux États-Unis sans avoir réussi à obtenir de résidence permanente ou de statut de réfugiés avaient tout de même un « statut de protection temporaire », ou TPS en anglais, qui se traduisait en moratoire sur les expulsions. Mais le gouvernement Trump persiste et signe : il faut dès maintenant forcer le retour de ces 350 000 personnes dans un pays où, selon lui-même, nos cadavres pourraient devenir méconnaissables.

La décision est bien sûr un affront direct à la Convention de Genève, mais elle crée aussi un précédent d’inhumanité dans le système migratoire états-unien. C’est pourquoi la bataille juridique, qui concerne aussi l’expulsion potentielle de 6000 Syriens vivant aux États-Unis, est allée jusqu’en Cour suprême. La décision et les arguments entendus par la Cour, qui a rendu sa décision le 25 juin, nous renvoient l’image d’un État de droit aux soins palliatifs. La........

© Le Devoir