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Ormuz: les nouvelles règles de la puissance

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03.06.2026

La guerre d’Ormuz a désormais pris le pas sur le conflit qui oppose, depuis le 28 février, Washington et Téhéran, après la fin de la « guerre des 12 jours ». D’un affrontement régional à une guerre aux effets systémiques mondiaux, plusieurs enseignements émergent d’une conflictualité où la centralité de la géographie et de ses effets économiques, militaires, énergétiques et stratégiques rappelle que les recompositions du monde s’écrivent d’abord dans les espaces critiques.

Pour les États-Unis, l’« excursion d’Ormuz » est devenue, selon le narratif du président Trump, non pas le miroir d’une impuissance de la force — la suprématie militaire, technologique et financière américaine demeure intacte —, mais celui d’une articulation imparfaite entre attributs de puissance et stratégie politique.

Le choc d’Ormuz souligne, à l’instar de celui qui oppose la Russie à l’Ukraine, que la puissance seule ne suffit plus à obtenir une victoire décisive. Les conflits contemporains se jouent autant dans la durée, dans la capacité à user moralement l’adversaire, à fissurer les opinions publiques et à saturer les capacités défensives, que dans la démonstration conventionnelle de force.

La guerre moderne devient également celle de la réduction des effets de la puissance par l’usage de technologies low cost : drones, cyberguerre, saturation balistique, attrition économique. Des outils relativement accessibles qui abaissent considérablement le coût........

© Le Devoir