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Marine Le Pen, héritière de Trump

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09.07.2026

La cour d’appel de Paris a confirmé la culpabilité de Marine Le Pen dans l’affaire des assistants parlementaires des députés européens alors Front national. La peine est de trois ans d’emprisonnement, dont un ferme aménageable — sous bracelet électronique à son domicile —, 100 000 euros d’amende et 45 mois d’inéligibilité (dont 15 ferme purgés au 1er juillet 2026). Le pourvoi en cassation qu’elle a formé devrait suspendre son application, elle peut donc mener campagne librement. Elle est pleinement dans son droit. C’est justice.

Il peut toutefois être considéré comme déni ou mépris de justice d’être condamnée à deux reprises dans une même affaire de détournement de fonds publics et de prétendre présider la République. La justice constituant l’un de ses piliers régaliens, l’exemplarité sinon morale, au moins judiciaire, du prochain (ou de la prochaine) locataire de l’Élysée est cardinale.

En peine de moyens et plombée de dysfonctionnements régulièrement décriés, la justice chancellera davantage d’être sous la coupe d’une cheffe d’État en sursis judiciaire. Plus grave, le crédit, voire la légitimité de la justice aux yeux de l’opinion publique vacilleront un peu plus ; c’est la force du « populisme souverainiste », c’est-à-dire la parole du peuple plus souveraine que celle du droit et des institutions démocratiques. Avec dans ce cas précis un fâcheux dégât collatéral : celui de minimiser les délits financiers, en l’occurrence ceux qui mobilisent des fonds publics, qui plus est européens destinés à l’exercice politique, trois éléments déjà fortement dégradés.

La Cour de cassation affirme être prête à statuer avant le premier tour, fixé au 18 avril 2027. Cela nonobstant les probables manœuvres dilatoires — dépôts de mémoires, de questions prioritaires de constitutionnalité, etc. — de la défense afin de congestionner l’agenda et de retarder l’échéance au-delà du scrutin. En cas de rejet du pourvoi et donc de confirmation de la peine d’appel, les scénarios sur le calendrier de sa mise en œuvre — convocation du juge d’application des peines, etc. — demeurent sibyllins et feront peser sur la campagne et son issue une pesante hypothèque. Les magistrats sont saisis d’une immense........

© Le Devoir